Once upon a time in China

Je suis une aventuriere, j'ai beaucoup bourlinguee. Je suis une aventuriere, avec laquelle il faut compter. A moi, faut pas m'en raconter, parce que vraiment j'en ai bave. "Petit refrain de Jacques Dutronc (feminise)"

16 juillet 2005

Finally I stay more time than I planed in Shanghai. At the beginning I planed to spend only 3 days, but Paul broods me too much. Today we have visited Tongli : town of water and alleys (as they say in the guide). It is Venice of the south of China. It's full of small bridges where lovers could admire their reflection in the water. In Shanghai... lovers are very hot, french kisses in the middle of the street are very usual. I like this China, less taboos more freedom.

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15 juillet 2005

A la francaise

Finalement je ne decolle plus de Shanghai. Au debut j'avais prevu de passer seulement 3 jours, mais Paul me couve trop. Demain on va visiter Tongli : ville d'eau et de venelles (comme ils disent dans le guide). C'est la Venise du sud de la Chine. Y'a plein de petits ponts ou les amoureux aiment a se mirer dans l'eau. Ah ! Les amoureux de Shanghai ! Je veux leur dedier une tribune. Bien sur, il faut remettre les choses dans leur contexte. Cela fait trois ans que je vis dans une societe, celle de Taiwan, ou les rapports amoureux sont "rosifies". Tout est romantique jusqu'a l'ecoeurement. Mes amies taiwanaises peuvent le confirmer. On offre des petits nounours en bouquet. Mais a Shanghai... on a le sang chaud et on se roule des galoches au milieu de la rue. Vive la Chine liberee !

Ceci etant dit, cette apres-midi j'ai decouvert un tout autre visage de Shanghai. En 1849, la Chine concede a la France une superficie de 66 ha en plein coeur de Shanghai. Et que font-ils de cette superficie ? Quelque chose dont les expats auront toujours du mal a se remettre, le petit Paris. Vous me croyez si vous le voulez, mais ils ont bien reussi leur coup. Petites rues ombragees avec boutiques et cafes. La concession francaise est vraiment un quartier agreable. Mais ce qui fait son charme, plus que la disposition des rues a la francaise, les "Lilongs", equivalent des Ruitongs a Pekin. Habitats populaires dsc_0097Shanghaiens typiques. Pour ceux qui connaissent, on peut les comparer aux dedales de rues de Ho Chi Minh ou les alentours des temples a Bangkok, ou vivent les moines. Pour ceux qui ne connaissent pas encore (y'a les photos), souvent cela commence par une ruelle, qui mene dans un dedale de rues, a l'abri de l'agitation des commerces.

L'architecture y est plutot ancienne. L'ambiance particulierement calme et decontractee. Le linge pend au fenetre, et un peu partout d'ailleurs (on dirait le Sud). Ce qui me fait dire que leurs sous-vetements ne sont pas propres a reveiller les fantasmes(je pense plus particulierement a ce kangourou rouge aux elastiques plus que distendus). De belles couleurs ocres, vertes, bleues, jaunes. Une oasis dans cette mer d'immeubles modernes. Bizarrement cela s'integre parfaitement au paysage de la ville.

J'ai aussi fait un tour dans les parcs. Pas mal de monde, meme en pleine journee. A Shanghai certains prennent vraiment le temps de vivre. Des joueurs inveteres de Majhong, de cartes, d'echecs... mais aussi des lecteurs. Pendant la periode communiste, les journaux etaient affiches. A cause de la censure notamment. Aujourd'hui encore. Les Chinois lisent, debout, les pages des journaux epinglees sous verre, alors meme qu'on trouve des kiosques a chaque coin de rue.

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Je suis restee subjuguee devant deux Taijichuan men. Ils pratiquaient avec une epee en bois. L'un d'eux etait un maitre. Etait-ce une danse ? Etait-ce une pantomine ? Etait-ce une sorcellerie ? Ou bien tout a la fois. Un mouvement de bras, qui en d'autres circonstances, serait un simple deroule partant de l'epaule jusqu'a la main, prenait dans le corps de cet etrange humain, une tout autre dimension. L'epaule, le bras, l'avant-bras, le poignet, la main, chaque partie semblait etre animee d'une etrange force. Il reussissait a traduire l'essence meme du mouvement. Je repense a ce que me disait souvent Thierry (un futur maitre de Kung Fu!). Il faut commencer par oublier tout, pour retrouver l'essence meme, la spontaneite et la purete du mouvement. Si j'arrivais a faire ca avec l'image ! Retrouver l'essence meme de l'image.

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En attendant il faut repeter, pratiquer et encore repeter. J'ai pratique un peu aujourd'hui, quelques photos a voir dans l'album "French concession".

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14 juillet 2005

Saut dans l'histoire

Une brume legere mais envahissante recouvre Shanghai depuis mon arrivee. Le temps semble suspendu, ce couvercle ecrase les nombreux buildings qui s'elevent a grande peine. Shanghai a beau etre un port, je n'en distingue pas les limites. A Taipei, il m'est souvent arrivee de lever les yeux et de les poser sur les cimes de Yangmingshan, soulagee de pouvoir trouver une ligne d'horizon. Ce soir, avec Paul, sur le chemin entre le restaurant et l'appartement, on trainait la patte. Moi, d'avoir trop marche, ce qui a reveille mes blessures de guerre : le nerf sciatique. Lui aussi a le disque coince. C'est pire que le GR7. Je ne me rappelle pas avoir ressenti une telle lassitude a Tokyo.

Heureusement ce matin, on a visite un musee sur l'Histoire de Shanghai. Les ambiances des differentes epoques sont reconstituees soit en miniature soit avec des bonhommes de cire. De l'Antiquite au 20eme siecle, Shanghai a toujours ete coquette voir cocotte. Elle a su se faire courtiser par les plus grandes puissances qui l'ont paree de superbes batisses. Les Francais, les Allemands, les Anglais, les Japonais et les Americains se bousculaient au portillon. Monde de l'argent, du commerce, des plaisirs, elle cumulait les vices. Pas etonnnant que les communistes l'aient mise a l'index.

En regardant les immeubles de style colonial sur le Bund (front de fleuve, semblable a Bordeaux mais en beaucoup plus grand), les nombreux bateaux charges de marchandises, je me serais crue quelques siecles en arriere. Finalement tout n'est pas si nouveau a Shanghai.

Je suis ravie de voir qu'un certain nombre d'entre vous ont lu le blog. S'il vous plait, laissez directement des commentaires (n'oubliez pas d'entrer votre adresse e-mail), c'est la partie la plus amusante. Si vous connaissez Shanghai n'hesitez pas a me filer des tuyaus.

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13 juillet 2005

Fresh news from Shanghai. Just arrived on tuesday by train from Hong Kong. First day in the craziest city of China. Very far from Xinjiang way of life. I guess.

I'm very impressed by the activity overthere. It never stops. Really happy to be here also. Even if it's overcrowded I could imagine to live in Shanghai and enjoy her Golden Age. We'll see in few days maybe after I change my mind. I will get sick of the crowd.

I had a very good time in Hong Kong. And I'm definitely under the attraction of the architecture. Have a look on the pictures.

Shanghai is huge I need a good GPS (Krish, the one from Taipei doesn't work here). I spend my time losing my way. Anyway it's a good way to visit a town.

Posté par inaia à 17:50 - English version - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Chaque nuit, Shanghai fait peau neuve

Je rentre de ma premiere sortie dans les rues de Shanghai. Cela fait trois ans que tout le monde me parle de cette ville, les yeux seraient, parait-il, tous tournes vers cet endroit mythique. Je m'etais imaginee une ville avec des immeubles immenses mais sans aucune ame. Pourtant j'avais vu le film de Wong Kar Wai : 2046, qui rappelle l'ambiance des annees folles de Shanghai. Eh bien, sans mentir, apres avoir connu des moments moroses, elle semble bien prete a se parer, a nouveau, de ses plus belles paillettes, et redevenir la ville de Chine ou on s'encanaille sans aucun tabou.

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N'ayons pas peur des comparaisons, elle pourra surement d'ici peu, tenir la jambe haute aux grandes capitales telles que Londres, New York ou Tokyo. Elle est vibrante d'activites. D'ailleurs sur les photos (toutes prises de nuit car le ciel est morose) on voit les travailleurs batir des immeubles et des tunnels pour le metro. Chaque nuit, Shanghai fait peau neuve. L'expression "Pousser comme des champignons" n'est presque pas imagee.

Les investissements coulent a flot et il n'est pas rare de rencontrer des jeunes occidentaux, qui semblent avoir mise leur espoir sur le developpement vitesse grand V de Shanghai.

Detail trivial mais fondamental, les trottoirs sont vraiment agreables. Pour qui a vecu a Taipei. Avant tout parce qu'ils restent trottoirs et non stationnement pour scooters et autres carioles. Ensuite parce qu'ils sont ombrages par des allees de platanes. A part dans les quartiers des grands immeubles. Heureusement car j'en ai passe des heures sur ces satanes trottoirs. La ville est immense, les rues aussi. Mes pieds s'en souviennent encore.

Dans certaines rues, je me serais crue a Montreal, sur le Plateau. Elle a de temps en temps un air europeen extremement surprenant. On y trouve des kiosques a journaux. Elle est pas commune, cette ville.

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Hong Kong story

Je quitte Taipei precipitamment : les cheveux en bataille, les sacs a moitie sur le dos, le regard angoisse sur la montre, la chemise trempee. Quand reussirai-je a m'organiser ? Je me pose desesperement la question. Je n'ose pas dire jamais.

Mais Hong Kong ne pouvait plus attendre, il fallait que je retrouve la ville aux bus, a deux etages, typiquement anglaise et ses tours : demoiselles aux lignes infiniment elegantes de Hong Kong island. J'avais deja fait le voyage, en 2003, j'avais ete impressionnee par son architecture, je n'avais cesse de jouer avec mon appareil photo a capturer les lignes et les reflets des immeubles.

Les retrouvailles furent a la hauteur du premier rendez-vous. Je confirmais mon attraction pour cette ville. Le temps etait parfait : ciel clair, parseme de nuages. Un soleil de plomb. Vous le constaterez vous-meme sur les photos. Evidemment je l'ai prise et reprise dans les filets de mon viseur.

Je logeais chez Pansy, une chinoise francophone, qui tient une guesthouse a un prix raisonnable, l'accueil est excellent. Si l'aventure hong kongaise vous tente : http://www.joy.hk/room.html

Chose que je n'avais pas vue et pas faite lors de mon premier passage a Hong Kong, la tour des Philippines.

Les femmes philippines sont nombreuses a Hong Kong, elles abandonnent maris et enfant, viennent travailler en tant que femmes de menage ou aide-malade pour essayer de recolter un peu d'argent afin de l'envoyer ensuite a leur famille.

Le dimanche est leur jour de repos. La ville est alors assiegee par les femmes. Elles investissent les lieux : les parcs, les galleries, les ponts qui relient les grands magasins entre eux, les recoins ombrages des escaliers. Elles etendent couvertures, bouts de tissus ; sortent petits plats, instruments de manicure, jeux de cartes, magazines ; s'offrent massages et soins des ongles, papotent, troquent... Les immeubles modernes a l'aspect parfois si austeres et hautains, prennent des formes, des rondeurs, des odeurs, des couleurs, du bruit. La ville crepite de vie. D'ou sortent-elles ? Veritable vague deferlante. Innombrables, elles ont evince les hommes d'affaires.

Et moi, je me retrouve dans une tour, un dimanche apres-midi, au milieu d'une agitation inhabituelle. Restaurants, banques de change, magasin de cartes telephoniques, de vetements, de musique. Bondes. Je suis un peu plus au Sud, aux Philippines. Ambiance tropicale. On envoie des sous, on telephone, on se regale avec les plats du pays, on chante sur les derniers airs a la mode. C'est bon de partager pour un moment cette intimite, celle des gens qui ont leur coeur, toujours ailleurs.

Lundi 12 juillet - 15h00 : Je suis encore a la bourre, pour prendre le train pour Shanghai. Aie ! Aie ! Les portes se referment sur moi. C'etait moins une. En voiture pour 24 heures de voyage. Le train m'a toujours reserve de bonnes surprises. Cette fois-ci, elle s'appelle Wang Jun. Un Shanghaien, en transit entre Hong Kong et Shanghai. Je peux enfin pratiquer mon chinois qui ne demande que ca. De discussion en discussion, les heures passent vite. Il me raconte son pays. Le developpement, la democratie... il l'attend avec impatience, mais tout doit se faire en douceur, en preservant le precieux equilibre qui est un fondement de la culture. Il faut dire que la police a beaucoup de pouvoir. A ma question : "Peut-on protester ?", la reponse est claire : "C'est inutile". Je ne vous raconterai pas ma nuit. Wang Jun l'a bien occupee. Non, ce n'est pas sessouel, mais sonore. Il a des problemes avec ses parois nasales, pauvre moi ! J'ai essaye des techniques de Sioux mais ca a po marche. Vous n'allez pas en croire vos yeux, mais je suis redoutable lorsqu'il y a un ronfleur a cote de moi. Je lui ai envoye des petites quantites d'eau sur le visage (la taille d'un bouchon) en pensant qu'il s'arreterait et que j'aurais ainsi l'occasion de m'endormir avant lui. Il a gagne la bataille. Le bougre ! M'enfin je me suis bien marree (dans mon for interieur, bien entendu).

Mardi 13 juillet : Je suis a Shanghai. J'habite chez le mari d'une ancienne collegue : Paul. De ma chambre, je surplomble une partie de la ville. Y'a du monde. Mais je n'ai pas encore visite puisque je gratte depuis ce matin pour mettre a jour ce nouveau blog. Il serait temps de me degourdir les jambes.

Posté par inaia à 05:44 - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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